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Le renard, les raisins et la gestion de projet

Par le 8 décembre 2014

Une chef de projet m’a récemment fait part d’une histoire terrifiante. Le malheur des uns devant nous inspirer pour faire le bonheur de nos projets, je me suis dit, après coup, que cette mésaventure constituerait un excellent sujet de billet. Voilà donc ce qui s’est passé…

« Je suis mandatée pour mettre en place un site d’e-commerce pour l’entreprise. Alors je travaille d’arrache-pied avec l’équipe pour concevoir une première maquette, en nous inspirant des meilleurs. Et franchement, on est fiers de nous ! J’arrive en comité de pilotage pour faire valider cette maquette au sponsor, sure de mon coup. Au début, il trouve ça vraiment super, il a des étoiles dans les yeux. Mais quand on rentre dans l’organisation du projet pour tenir les coûts et les délais … renversement de situation ! Il se met à critiquer la solution, à dire que certaines fonctionnalités qu’il trouvait essentielles deux minutes avant sont vraiment accessoires. C’est à n’y rien comprendre !

Je lui réponds : Il t’a fait le coup du renard et des raisins.

Elle : Le renard ? Mais pourquoi tu me parles de renard ?

Moi : Attends. Je t’explique. »

Le Renard et les Raisins

Renard

 

Le Renard et les Raisins est la onzième fable du livre III de Jean de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

 Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,

Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille

Des Raisins mûrs apparemment,

Et couverts d’une peau vermeille.

Le galant en eût fait volontiers un repas ;

Mais comme il n’y pouvait atteindre :

« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. « 

Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

Dans cette histoire, qui s’inspire à la base d’un texte en grec d’Ésope, notre charmant goupil aperçoit des raisins qui sont en hauteur et il veut les manger (et oui, le renard ne se nourrit pas que de mulots !). Mais comme il se montre incapable de trouver un moyen de les attraper, il se dit que finalement les raisins ne valent pas la peine d’être mangés, qu’ils ne sont probablement pas mûrs ou alors trop acides.

Que nous apprend cette fable ? La perception que nous avons de la valeur d’une chose évolue en fonction de la perception que nous avons de son accessibilité.

Revenons à notre projet : si mon client désire certaines fonctionnalités sur son site e-commerce, mais qu’il les juge inaccessibles (« on n’y arrivera jamais, c’est trop compliqué pour nous ! »), il réduit sa dissonance cognitive en les critiquant.

Le renard, les raisins et la gestion de projet

 « Ce n’est pas que l’objectif est trop haut, c’est que le nombre de marches est insuffisant »

Confucius, auteur de cette aphorisme, a (comme souvent, d’ailleurs !) bien raison. Au-delà de la destination, il est essentiel de montrer le chemin, les étapes intermédiaires… et donc de modifier la perception du client sur l’accessibilité de la solution.

Le diagramme de flux des produits, qui faisait l’objet d’un billet précédent, peut à ce titre constituer un outil bien utile.

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Hugues ROCHE Il y a 6 années

Merci pour cet éclairage qui… ne s’applique pas qu’aux projets.
Je garde ce garde ce propos au chaud dans un coin de ma tête, il me sera utile.

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