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Prendre une décision collégialement dans le projet, est-ce une bonne méthode ?

Par le 9 février 2015

Tout est affaire de décision dans les projets :

  • Stratégique : pour définir les enjeux et objectifs ;
  • Tactique : pour mettre en place l’organisation projet ;
  • Opérationnelle : pour piloter l’avancement du projet.

Examinons ensemble la prise de décision collective.

 Yes/No

Que dit l’un des ouvrages de référence des chefs de projet, le Pmbok® Guide du PMI®, sur la prise de décision ?

Les techniques de prise de décision collective sont :

  • l’unanimité (100%)
  • la majorité absolue (51%)
  • la majorité relative ou pluralité
  • la dictature (une personne seule prend la décision au nom du groupe)

Quelle que soit la méthode retenue, prendre une décision, c’est d’abord accepter de prendre un risque. Aucune de ces méthodes ne nous protège de l‘absurdité d’une décision.

Nous verrons dans l’exemple ci-dessous, qu’une décision prise en groupe, même à l’unanimité, peut avoir un résultat paradoxal. La décision a bien été approuvée collectivement et pourtant individuellement aucun des membres ne l’a souhaitée.

«  A journey to Abilene » ou l’exemple d’une décision collective paradoxale

Dans un article publié en 1971, le Professeur Jerry B. Harvey illustre ce paradoxe à l’issue d’une expérience qu’il a lui-même vécue.

Jerry B. Harvey  et 3 autres personnes décident ensemble de se rendre à Abilene au Texas pour diner. Chacun d’eux donne son accord et ils partent en voiture sous un soleil de plomb. 50 miles les séparant d’Abilene. La chaleur est accablante et très vite le trajet devient éprouvant dans leur voiture non climatisée. Sur place l’unique restaurant n’offre aucun intérêt particulier. Sur le trajet du retour, l’ambiance est tendue, chacun d’eux se demande pourquoi il a donné son accord quelques heures plus tôt. Il s’ensuit une discussion vive et animée où chacun exprime son désaccord avec cette sortie dont tous pouvaient prévoir qu’elle serait éprouvante sous cette chaleur.

Les mécanismes qui conduisent à un faux consensus (ou un mauvais consensus)

L’anecdote ci-dessus illustre le fait que nos décisions peuvent s’appuyer sur des éléments rationnels mais qu’elles sont aussi fortement influencées par les comportements que nous adoptons.
Ceux-ci qui peuvent nous conduire à faire ou à exprimer de mauvais choix.

Parmi ces raisons, j’ai identifié :

  • je donne mon accord au groupe pour faire plaisir
  • je n’exprime pas mon avis pour éviter de devoir me justifier
  • je vote comme les autres une décision que tout le monde semble approuver
  • je n’ai pas de meilleure idée qui me vient à l’esprit donc j’accepte celle que l’on me propose
  • je n’ai pas le temps de rechercher et de proposer une autre idée
  • je pense que mon avis ne compte pas donc j’accepte la décision des autres
  • si je vote contre, je serai rejeté par les autres

Chefs de projet, comment échapper au risque du faux consensus

Tout au long de la vie d’un projet, une équipe est amenée à faire des choix dans son organisation, à exprimer des recommandations, à prendre des décisions qui impacteront le déroulement du projet et le résultat attendu.

Lorsque une prise de décision collégiale est appropriée, le chef de projet doit s’assurer que le résultat obtenu correspond bien à un choix délibéré de chacun des votants. Vous pouvez demander à chacun d’argumenter sur les motivations qui l’ont conduit à faire ce choix.

 

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous identifié d’autres raisons de faux-consensus ? D’autres méthodes pour y échapper ?

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Laporte Sophie Il y a 5 années

Un article très intéressant qui nous fait réfléchir sur des attitudes que l’on a tendance à adopter par « facilité » et qui, en définitive, nous compliquent la vie !
Le style et l’exemple cité en rendent la lecture agréable.
Xavier Zantman est un blogger prometteur !

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    Xavier Zantman

    Xavier Zantman Il y a 5 années

    @Sophie : c’est vrai, la prise de décision collective, par exemple pour rechercher un consensus, peut être biaisée si le comportement des acteurs et leurs choix sont guidés par la facilité.

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Delphine BOUCHET Il y a 5 années

Article très intéressant, notamment sur le fait que les personnes ne disent pas tjs ce qu’elles pensent en réunion pour ne pas se marginaliser par rapport au groupe ou devoir se jusfifier.

Mon expérience m’a déjà montré que
– donner un avis diffférent des autres permet d’amener les personnes à se poser la ou les questions sous un autre angle
– un chef n’aime pas être entouré de gens qui sont toujours d’accord avec lui car ça ne l’aide pas beaucoup dans ses réflexions.
La technique de créativité des 6 chapeaux (volontairement, chaque participant à la réunion prend une posture prédéfinie à l’avance : il y a le « très enthousiaste », le sysmétatiquement contre, celui qui ne sait pas trop etc….) présente l’avantage d’être un jeu de rôle, qui force les participants à donner des arguments correspondant à la posture qui leur est affectée et assumer leur énonciation sans que cela ait l’air d’être un avis personnel. Cela alimente les réflexions et facilite parfois les prises de décisions au final…

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    Xavier Zantman

    Xavier Zantman Il y a 5 années

    @Delphine : merci pour votre partage d’expérience sur la prise de décision collégiale. l’approche que vous décrivez est une très efficace. Il s’agit de la méthode des 6 chapeaux développée par Edward De Bono: http://www.debonogroup.com/six_thinking_hats.php

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EMPTAZ Il y a 5 années

excellente approche
Cela montre effectivement d’une certaine manière que l’enjeu n’est pas tant dans le mode de décision que dans la façon dont sont menés échanges et débats AVANT la prise de décision

Répondre
    Xavier Zantman

    Xavier Zantman Il y a 5 années

    @Christophe : effectivement et cela rend complexe les décisions qui reposent sur un triptyque éléments factuels, comportements des acteurs et mode de décision.

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Aurore JUNG Il y a 5 années

Merci Xavier pour ton article. Les autres raisons que je vois (plus ou moins « honorables ») peuvent être :
– je n’ai pas assez d’information pour décider ou donner mon point de vue, je préfère me taire;
– c’est aux experts de décider / le fait de décider sur ce sujet ne fait pas partie de mes responsabilités, je me désintéresse du sujet;
– vu l’heure, je voudrais que la réunion se finisse, je dis ok pour que la discussion ne continue pas;
– si j’interviens cela .risque de reculer la décision; je préfère que l’on prenne une décision maintenant (même si ce n’est pas la plus adéquate, au moins on partira dans une direction et on quittera ces échanges qui tournent en rond).
Pour éviter cela il est utile, entre autre, de donner du sens, de mettre en exergue les conséquences négatives d’un faux consensus, de faire des demandes précises aux participants en indiquant ce que l’on attend d’eux.

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    Xavier Zantman

    Xavier Zantman Il y a 5 années

    @Aurore : merci pour ces propositions supplémentaires de comportements qui altèrent la prise de décision.

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Yann Gazounaud Il y a 5 années

une des méthode que nous retrouvons dans le PMBOK(r) Guide pour éviter un faux consensus est la méthode de Delphes, qui consiste à soumettre un questionnaire à plusieurs personnes de façon à ce qu’elles expriment leurs points de vue, de façon anonyme. L’anonymat des réponses permet d’éviter un certain nombre de craintes listées ci dessus. Ensuite, les réponses anonymes sont partagées et les personnes peuvent modifier leurs points de vue si cela est nécessaire. L’objectif est de favoriser la possibilité d’un consensus.

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    Xavier Zantman

    Xavier Zantman Il y a 5 années

    @Yann: effectivement la méthode de Delphes est une solution intéressante pour s’assurer que toutes les personnes expriment leur position et pour éviter l’influence d’un expert sur les autres participants de la réunion.

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Abdelsafi Benbachir Il y a 1 année

Très bonne analyse…les décideurs politiques sont très concernés !!!

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