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Agile, prédictif, hybride : les critères pour choisir la bonne approche

Par le 8 octobre 2019

Dans cette seconde publication, je vous propose de passer en revue une série de critères à analyser en fonction des caractéristiques intrinsèques de son projet. Ainsi, vous pourrez identifier les avantages et inconvénients de certaines pratiques agiles et traditionnelles.

agilité

1er critère : possibilité de découper le projet en lots (découpage structurel) et/ou en phases (découpage temporel)

Un des principes de l’agilité est de livrer partiellement mais rapidement de la valeur. Ainsi, on recueille rapidement du feedback des utilisateurs. Plus le projet est découpable en lots suffisamment indépendants, plus il est possible de livrer rapidement et régulièrement des incréments porteurs de valeur et générateurs de feedback.

Certains projets se prêtent mieux à ce découpage fin par lots ou par phases ou par priorités … Dans ce cas, la mise en œuvre des approches agiles est plus aisée : livraisons de sprints (incréments de « Scrum® »), de Project Increment (méthode « Agile PM® »), de Program Increment (PI du modèle « Safe® »), entre autres.

Au contraire, certains projets ne peuvent pas toujours être découpés en livrables autoporteurs de valeur et cadencés dans le temps. C’est le cas par exemple de certains projets d’infrastructure (ponts, ouvrages d’art…) ou de projets de développement de produits manufacturés. En effet, ils nécessitent la réalisation d’outillages long et coûteux à produire. Pour ces projets, on préfère le mode prédictif.

De manière générale, quel que soit le mode d’exécution du projet (prédictif, hybride, agile), il est bénéfique de proposer des livraisons partielles plus nombreuses et plus fréquentes (incrémentales, itératives). Elles permettent en particulier de limiter « l’effet tunnel ». Autre avantage : s’adapter plus facilement aux évolutions de la demande ou du contexte. Donc, il est toujours essentiel de porter au plus tôt dans le projet une attention particulière au découpage du projet sous l’angle structurel et temporel.


A lire >> Pour identifier la meilleure approche pour mener un projet, lisez l’article sur les méthodes agile, prédictive et hybride.


2ème critère : stabilité et niveau de maîtrise du besoin et du périmètre du projet

Plus le besoin est cernable et stable, plus les caractéristiques de l’approche prédictive seront adaptées. Autrement dit, plus on maîtrise au démarrage le périmètre fonctionnel du projet (les exigences, le cahier des charges, le product backlog …), plus l’approche waterfall pourra être efficiente comparée au mode agile.

Ainsi, le mode prédictif est particulièrement indiqué pour les projets dits « compliqués ». Ils peuvent être importants par la taille (des milliers de composants) mais dont la structure peut être décomposée et comprise grâce à l’expérience déjà acquise sur des projets comparables. Sur ce type de projets ou de parties de projets, l’approche waterfall sera souvent plus efficace qu’une approche agile. Effectivement, on sait assez clairement « quoi » faire et on peut plus facilement optimiser les coûts et les délais.

Le mode agile est lui particulièrement adapté quand le besoin n’est pas facilement spécifiable. Il peut être mouvant, évolutif, ambigus. On parle alors de projets « complexes ». Le mode agile étant piloté par la maximisation de la valeur dans des contraintes de temps (time box) et de moyens (budget box), il sera dès lors possible de préciser le besoin au fur et à mesure.

Attention tout de même aux situations dans lesquelles le « client » n’a pas vraiment pas d’idée de ce qu’il souhaite. Dans ce cas, en mode agile, les équipes de réalisation peuvent alors rentrer dans des boucles de « rework » récurrentes. On se retrouve dans une situation non plus de « complexité », mais bien de « chaos » non productif (cf. matrice de Stacey). 

3ème critère : stabilité des moyens / technologies / process pour réaliser le projet

Plus les technologies, les moyens, les process (le « Comment ») utilisés par le projet sont stables, plus le mode prédictif pourra être adapté.

En effet, on associe souvent le mode prédictif à un engagement formel de l’équipe projet en termes de coûts et de délais (en quelques sortes un « contrat »). Cela signifie que l’équipe doit avoir une connaissance suffisante des moyens, des techniques et des process qui seront utilisés pour produire les livrables du projet. Avec cette bonne maîtrise du « Comment », l’équipe pourra mieux estimer les charges et les délais, ce qui est essentiel en mode waterfall.

En mode agile, la notion de « contrat » est moins présente, puisque l’équipe fait au mieux en termes de valeur avec les moyens (« budget box ») et délais (« time box ») qui lui sont donnés.

Si les technologies utilisées sont émergentes / nouvelles et si l’approche de réalisation n’est pas bien connue, il peut être plus adapté de fonctionner en mode agile. Ce mode permettra une approche « test and learn » tirant du feedback fréquent de l’utilisation des nouveaux process / moyens / technologies de réalisation disponibles.


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4ème critère : taille du projet

Les méthodologies agile usuelles (Scrum …) sont facilement applicables aux petits projets (pour une ou quelques « pizza team »).

Pour les projets importants, la mise en œuvre du mode agile nécessite un « passage à l’échelle » (Scaled Agile). Cela implique de nombreux nouveaux rôles et des processus supplémentaires (par exemple les nombreux rôles dans SAFe ®). On assiste alors quelque fois à une complexification qui peut dans certaines situations nuire à l’efficience du projet en multipliant les instances, les rituels, les outils…

Même si le critère de la taille du projet n’est pas décisif, pour les grands projets, il peut être intéressant que tout ou partie du projet soit piloté en mode prédictif. En effet, ce mode permet de traiter de projet « compliqués » sans multiplier les rôles et les processus de pilotage. Un découpage « macro » du projet (approche WBS) et un pilotage « global » rationalisé (instance de décision, jalonnement …) peuvent assurer une efficacité dans la durée pour les projets de grande taille.


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5ème critère : possibilité / facilité de revenir en arrière aux différentes étapes du projet (réversibilité)

Un des avantages du mode agile est la possibilité de faire évoluer le besoin tout au long du projet. A contrario, dans le mode prédictif, le process de validation des demandes de modifications peut s’avérer « rigoureux », voire « rigide ».

Dans le cycle de vie du projet, des modifications / évolutions peuvent entraîner des augmentations de coûts. Les délais peuvent aussi être sensiblement impactés.

Ces surcoûts/sur-délais associés à des « retours arrière » peuvent être totalement prohibitifs pour le projet. En effet, ils peuvent correspondre à des coûts associés à la destruction, à la déconstruction, au « decommissioning » de ce qui avait été réalisé. Et ce, en plus des coûts de « reconstruction » / « rework » des livrables en lien avec les nouvelles demandes.

A titre d’exemple, des projets qui nécessitent des travaux matériellement lourds et structurants pourront être traités en mode prédictif, au moins sur une partie du cycle de vie du projet. Cela concerne des projets comme « couler du béton », « fabriquer un outillage long et couteux », « déployer une infrastructure SI »… Ce mode waterfall se base sur un approfondissement en amont des spécifications. Par conséquent, il limitera les potentiels « retours arrière » longs et coûteux (ex : recommander du matériel …)

L’approche agile sera lui plus adapté quand le « coût de la réversibilité » reste supportable.

6ème critère : contraintes réglementaires & normatives

Certains livrables de projets peuvent être sous le coup de contraintes légales / réglementaires très strictes (ex : secteur aérien, pharmaceutique…).

Des règlements peuvent exiger par exemple la nécessité de disposer de spécifications complètes auditables avant même d’engager la phase de réalisation. D’autres exigent le respect de phases / jalons obligatoires avec des contrôles stricts associés…

La mise en œuvre des principes de l’agilité peut être rendue difficile voire impossible quand l’exécution du projet doit être absolument conformes à ce type de règles.

Quand il s’agit de délivrer un projet « compliant », on privilégie le mode prédictif.

Vous trouverez dans le prochain article de cette blogsérie, la suite des critères d’analyse. A suivre donc !


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