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S’appuyer sur la sociodynamique pour embarquer des acteurs sur un projet (1/2)

Par le 13 avril 2015

Comment embarquer l’essentiel des acteurs sur un projet complexe, sans être un leader charismatique ou un habile manipulateur ?

Pourquoi certains projets ont-ils des résultats décevants ? Lorsqu’on fait l’inventaire des causes, on s’aperçoit vite que beaucoup sont reliées, de près ou de loin, à des questions d’adhésion et de mobilisation des acteurs.

En clair, on paie parfois très cher de ne pas avoir su mobiliser les parties prenantes en amont. Vous souhaitez éviter cet écueil ? Certains pensent que le succès en la matière tient souvent à la manipulation, ou encore à la personnalité particulièrement charismatique d’un leader de projet… Heureusement, vous pouvez recourir à une démarche plus méthodique –et exempte de manipulation- qu’il est désormais convenu d’appeler la sociodynamique.

Nous devons à Jean-Christian Fauvet cette approche très éclairante pour décoder les situations complexes et se focaliser sur les actions à haute valeur ajoutée.

Si vous faites confiance au jeu naturel des acteurs, vous prenez un risque –même si vous êtes un maître dans l’art de structurer et piloter votre projet. Car si vous n’agissez pas pour comprendre et influencer la dynamique naturelle, les logiques d’opposition et plus encore d’inertie peuvent  contrecarrer votre feuilles de route, aussi complète et structurée soit-elle.

Intégrer des clés de sociodynamique vous facilitera grandement les choses et pourra faire partie de votre boîte à outils sans nécessité d’y consacrer un temps spécifique.

Alors, comment vous y prendre pour utiliser les leviers de la sociodynamique dans un projet ?

Apprenez à décoder les stratégies des acteurs

Face aux sollicitations autour d’un projet, les acteurs se positionnent généralement assez vite lorsqu’ils ont suffisamment d’informations. Peu à peu, vous commencez à situer ceux qui vous soutiennent, ou sont plutôt dans l’indifférence, ou encore s’opposent à certains aspects de votre projet –voire au projet dans sa globalité. Est-ce à dire, pour simplifier, que les acteurs sont « pour ou contre » un projet ? Pas si vite ! La sociodynamique vous propose une grille de lecture plus fine, qui repose sur 2 axes

  • Le fait de se positionner globalement ‘pour’ ou ‘contre’ le projet
  • L’énergie déployée par rapport au projet

Ainsi, le niveau de synergie comme le niveau d’antagonisme peuvent être élevés pour votre projet sans que celui-ci soit menacé : car le niveau d’énergie déployé autour du projet est élevé. En revanche, si l’essentiel des acteurs est plutôt sans position personnelle forte, et peu enclin à prendre des initiatives, même si vous avez des alliés, l’apathie menace la dynamique et vous risquez de vous épuiser à tout faire au lieu de faire faire !

Sociodynamique 1

Les positions ci-dessous vous rappellent-elles les acteurs de votre projet ?

Sociodynamique 2

Comme en politique lorsqu’on évoque la « majorité indécise », les hésitants et les passifs sont généralement les plus nombreux au démarrage de votre projet.

Il va s’agir pour vous d’identifier également les constructifs, les opposants, à distinguer des grognons (moins actifs) et des révoltés (qui cherchent à plomber votre projet). Vous pouvez avoir une poignée de déchirés : à la fois favorables et défavorables, ils sont mal à l’aise mais jouent généralement leur rôle (ex. le Directeur d’une agence appelée à fermer).

A ce stade, soyez vigilant : abstenez-vous de poser des étiquettes sur chacun des acteurs de manière définitive ! Vous devez absolument garder à l’esprit que leur position est très rarement figée –ou alors c’est le signe que l’on s’achemine vers une situation de blocage. Les acteurs se positionnent donc au démarrage et se repositionnent en permanence ensuite. On appelle cette reconfiguration permanente le « jeu des acteurs ».

Vous économiserez beaucoup d’énergie en apprenant à décoder les logiques d’action des acteurs et saurez ainsi à qui consacrer de l’énergie en priorité :

  • Savez-vous quels sont les enjeux des acteurs que vous souhaitez embarquer ?
  • Qu’ont-ils à gagner ou à perdre s’ils collaborent ou non ?
  • Estimez ensuite leur poids dans la dynamique : quelle influence ont-ils sur les autres ?

Prenez le temps d’analyser cela pour discerner où sont les freins et leviers majeurs sur lesquels vous pouvez jouer pour faire évoluer les positions des uns et des autres. Certaines objections sont des prétextes des opposants pour vous tester, d’autres correspondent effectivement à des points bloquants. Vous gagnerez à les étudier avec eux -pas nécessairement sous le ‘feu des projecteurs’ des réunions formelles…

Comment influencer la dynamique du projet pour obtenir une belle synergie ? Est-il judicieux de persuader quelques opposants (parfois leaders d’influence) pour qu’ils changent d’avis, deviennent vos ambassadeurs et influencent positivement la grande masse des hésitants ?

Les réponses dès le prochain billet dédié à la sociodynamique

Pour aller plus loin : L’élan sociodynamique, de Jean-Christian Fauvet (Editions d’organisation)

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Fabien RAYNAUD Il y a 4 années

Il est crucial que tous les intervenants partagent l’objectif recherché et que tous y croient.
Dans un premier temps, il faut convaincre un nombre restreint de personnes ; les bonnes personnes, celles qui ensuite dissémineront la bonne parole dans leurs équipes.
En cas de résistance ou de blocage, on peut s’entretenir individuellement avec la personne pour comprendre les motifs profonds de ses craintes. C’est parfois quelque chose auquel on n’avait pas imaginé ou sous-estimé.

Fabien RAYNAUD
http://www.FabienRaynaud.com

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    Cécile LEMOINE

    Cécile LEMOINE Il y a 4 années

    Je vous rejoins totalement sur la nécessité d’embarquer un nombre restreint d’acteurs au départ, notamment ceux qui ont de l’influence sur les hésitants.
    Et lorsqu’il y a résistance voire blocage, éviter la confrontation face à un collectif pour privilégier les échanges individuels est également très judicieux… Comprendre les freins des hésitants sera précieux ; les constructifs sont généralement bien placés pour vous aider à distinguer les points réellement bloquants des petits irritants avancés pour le principe, et parfois hors du périmètre de votre projet. Mais gare à ne pas gaspiller trop d’énergie à vouloir à toutes fin convaincre les opposants ! C’est un écueil fréquent dans la pratique dont nous reparlerons dans le 2ème billet. Repérer si la personne tend vers une posture d’hésitant ou d’opposant au cours de l’échange est donc crucial.

LS Il y a 3 années

Merci pour cette synthèse très claire de l’analyse sociodynamique pour decoder les jeux d’acteurs face à un groupe / équipe projet. Cette synthèse complète bien ma lecture de l’ouvrage d’Arnaud Tonnelé « 65 outils pour accompagner le changement individuel et collectif (Éd Eyrolles 2011)

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